(publié le dix-huit mars 2013)
La seule décoration de Pâques chez moi, exposée fièrement: un poussinet peinturé gaiement par Mini Fée. Peinturer à l’intérieur des lignes, c’est overrated, elle sait déjà ça.
(publié le dix-huit mars 2013)
La seule décoration de Pâques chez moi, exposée fièrement: un poussinet peinturé gaiement par Mini Fée. Peinturer à l’intérieur des lignes, c’est overrated, elle sait déjà ça.
(publié le vingt-deux février 2013)
Mini Fée ne dit pas beaucoup de mots, mais elle est super expressive et peut avoir mille émotions à la seconde. C’est mon petit clown, ma princesse brute, ma pouliche qui fait wouaf wouaf dès qu’elle voit un chien et qui fait la moue, tristounette, quand les passants ne lui retournent pas ses sourires.
Ce que Mini Fée aime cette semaine:
1. Faire semblant d’être amputée. Elle cache une main dans n’importe quoi – petit pot en plastique de couleur, manche de pyjama, whatev, et elle se promène avec la bouche en oh, tant que je ne panique pas de la voir avec une seule main.
2. Fouiller dans ma garde-robe, faire tomber mes ceintures et me donner les souliers qu’elle veut que je porte. Si je ne les enfile pas tout de suite, elle frustre, ma petite styliste perso.
3. Boire du smoothie aux bananes-ananas-noix de coco dans un verre de shooter.
4. Foutre toutes mes bouteilles de vernis à ongles dans le bain, puis quémander que je les ramasse. Elle les aligne une à côté de l’autre ensuite. C’est une Vierge ascendant Vierge et je crois qu’elle sera une freak du ménage.
5. Caresser les poils de torse de son papa et lui piquer sa montre.
(publié le treize février 2013)
Je vous écris avec le bruit de rénovations et la bande sonore des Chansons d’Amour en background pour vous proposer la lecture de mes chroniques les plus récentes sur Canoë.
Attendre un petit garçon m’a inspiré une lettre et des questions sur ce que vivent et ressentent les mecs en 2013.
Extrait de Lettre à un futur homme : « Est-ce que je te dirai assez souvent je t’aime pour que tu veuilles aimer les autres autant que je t’aime, déjà? Est-ce que je serai aussi capable de t’expliquer que ce monde n’est pas nécessairement un monde facile pour les hommes non plus? »
Extrait de Le défi d’être un homme en 2013 : « Une baise de dix minutes, une douche de cinq minutes et une conversation sur l’oreiller de trente minutes, ça permet de mieux connaître n’importe qui, du banquier divorcé trois fois au mec qui fait semblant d’être médecin. »
Extrait de Les hommes face aux mannequins trop parfaits : « «Parfois, j’ai besoin d’être seul et je ne veux pas que la personne change sa perception sur moi parce que je suis soudainement plus sauvage. J’aime pas non plus quand un inconnu commence à me parler au gym et que je me sens obligé de parler comme un douchebag.» »
Bonne lecture y’all! Bisous!
(publié le six février 2013)
Je ne prends pas de rendez-vous à l’hôpital, je te garde en moi, que pour moi, quand je fais la sieste je te caresse, je tente de deviner tes pieds.
Ton papa t’embrasse avant de s’endormir, une main, toute chaude, dans mon dos, qui descend, vers mes fesses, pendant la nuit.
Je chante, le matin venu, pour ta grande sœur, elle se balance, elle me demande une craie, elle dessine sur un tableau noir, mais si je cesse de chanter, elle vient me retrouver, elle fait aller ses mains, et je recommence. Je chante pour toi aussi.
(publié le cinq février 2013)
Mini Fée vient de s’endormir après avoir pleuré son désespoir devant des crayons de cire trop longs pour rentrer dans un petit pot jaune. Et au lieu d’aller me coucher un peu sur un coussin-ami-des-acariens en cœur, je bois du vin sans alcool bourré de sucre et je me demande si je ne devrais pas acheter un ensemble d’équitation pour enfant à Mini Fée.
(publié le vingt-neuf janvier 2013)
Je commence à être crissement enceinte, tellement que lorsque je me rase la fourrure de la chatte, j’en suis essoufflée. C’est un peu honteux quand le moment de fierté de ta journée c’est d’avoir réussi courageusement à te pencher la tête sous la douche pour te raser les poils.
(publié le vingt-quatre janvier 2013)
Chère Mini Fée,
Je suis allée te chercher à la garderie, en fin d’après-midi, un peu plus tard que d’habitude, il était presque cinq heures. Quand je montais les marches d’escaliers, à l’extérieur, tu as vu mon capuchon et mon visage presque tout camouflé, et tu m’as pointée du doigt. Ta petite bouche formait un o de surprise, le même o que tu fais quand tu veux ta doudou panda, quand tu échappes des morceaux de clémentine sur les pantalons de ton papa ou quand tu entends le carillon de la porte avant. Je t’ai prise dans mes bras, je t’appelais ma poulette, ma petite poulette, ma chérie, ma pouliche, et tu me pointais alors le cheval à bascule et tes habits de neige.
Dehors, tu ne te plaignais pas du froid. Je te serrais contre moi, je voulais garder ton visage contre le mien, mon capuchon te cachant un peu aussi, t’embrasser jusqu’à la maison, mais tu me repoussais, tu voulais regarder par-dessus mon épaule, les lumières allumées, le Saint-Bernard des voisins.
J’ai répété à ton papa ce que la gardienne m’avait dit, que tu aimais t’amuser toute seule maintenant, que tu ne la collais pas autant qu’un des jumeaux, un peu plus vieux que toi et toujours pendu à ses vêtements ou à son cou. À la maison aussi, c’est comme ça, tu me veux près de toi, mais tu dessines, tu empile les parties d’une girafe géante, tu danses sur du Radio Radio ou du Karim Ouellet ou du Indochine, un groupe que ton papa aime bien, mais que je trouve un peu trop années 80, tu joues, sans avoir besoin de mes bras, de ma chaleur contre toi. Tu passes parfois à une autre pièce, et je t’entends changer de voix pour jouer avec les animaux de Littlest Pet Shop de ta grande soeur. Tu reviens me chercher, au bout de quelques minutes, avec un citron vert dans les mains, l’envie de trafiquer mon téléphone ou de boire quelques secondes à mon sein.
Avant, je ne pouvais pas être dans une autre pièce que toi. Quand tu trouvais un livre sur les monstres ou sur un écureuil effrayé par son propre anniversaire, tu me le tendais, tu voulais que je te le lise, tout de suite, et maintenant, tu tournes les pages toute seule, tu me regardes, tu attends mon assentiment, tu attends que je te dise oh tu lis ma chérie, c’est bien, oh, qu’est-ce qu’il fait comme son, le chien? Tu fais alors un semblant de wouaf, ou tu m’ignores, penchant la tête pour retourner à ton livre cartonné.
Je t’appelle ma pouliche, mais je t’appelle encore mon petit bébé, même si je sais que tu es ma petite fille maintenant, un toddler sur les sites de parentalité américains, pas un baby. Je sais que tu es bien, que tu n’as pas besoin d’avoir toujours le bout de mes doigts qui chatouillent ton dos, mais tu sais, je crains un peu la fin avril. Je ne suis pas terrifiée, pas encore, je suis plus craintive et triste que terrifiée. Fin avril, début mai, tu auras un petit frère, il n’a pas encore de prénom, ni une liste très longue de possibles prénoms. Il a un surnom, Ti-Brin, que ta mamie lui a donné, parce qu’elle souhaite que ton petit frère soit aussi coquin qu’une marionnette de Passe-Partout.
J’ai hâte de voir si ton petit frère aura aussi peu de cheveux que toi, de l’avoir dans mes bras, de souffler dans son cou, de le masser avant de le mettre en pyjama. Mais je suis triste parce que je suis bien avec toi, et que tu es bien avec moi, et avec ton papa, et je suis bien avec nos journées à rigoler et à faire des muffins, et avec nos soirées, blottis à trois sur le canapé, ton papa me parle de son heure de lunch et du Mali, et je lui dis le nombre de poussières que tu as ramassées en guise de cadeaux pour moi. Je suis triste parce que j’ai peur que tu sois bouleversée, pendant quelques mois, un an, je ne sais pas. J’ai commencé à allaiter tes peluches, pour observer tes réactions, tu trouve ça super marrant, tu mets parfois ton petit pingouin à mon sein, avant de boire à ton tour. J’ai peur, mais je vous imagine déjà partager un cornet de crème glacée, colorier à l’intérieur des tatouages de votre papa et vous coucher l’un contre l’autre, dans mon lit, comme le font les enfants d’Éloïse et les enfants de Georgia.
J’ai peur de ne plus avoir d’aussi beaux réveils que maintenant, à passer vingt minutes au lit, collée contre toi, à te donner le sein, à te caresser les cheveux, à te répéter que je t’aime, ma petite poulette. J’ai peur des jours que je passerai à l’hôpital, loin de toi et de nos réveils. Mais si ton papa achète des chocolatines, peut-être que tu oublieras mes seins, et que tu seras heureuse dans ses bras, à manger les morceaux qu’il te donnera, les morceaux chocolatés, parce que les morceaux de pain, sans chocolat, tu n’aimes pas. Je sais aussi que ton papi et ta mamie seront là, pour toi, pour moi, pour accueillir un autre petit enfant, et que si tu te plais autant que ce dernier weekend avec ton papi, nous avons peut-être une chance de ne pas être terrifiées du tout.
Demain, tu mangeras du gâteau breton, sur le plancher de la cuisine, une nappe bleue sous nos pyjamas.
Je t’aime. Dors bien, sans trop toussotter, ma pouliche.
(publié le seize janvier 2013)
Je me rends souvent à la bibliothèque de mon quartier avec Mini Fée. Pendant la matinée, les jours de la semaine, c’est si calme. Mini Fée se plaît à répondre avec charme à tous les sourires des commis et des bibliothécaires. Récemment, j’ai emprunté un album qui aborde les sentiments des enfants dont les parents sont séparés, Quand l’amour court, de Thierry Lenain. Les mots y sont déchirants de simplicité, de contraintes et d’affection. J’ai proposé à Belle-Fille Princesse de le lire et elle a bien aimé l’histoire de Paola, se réconciliant peut-être elle-même avec l’histoire d’amour de ses parents. En voici un extrait : « Aujourd’hui je sais qu’il y a des histoires d’amour longues et des histoires d’amour courtes. Je préfère les longues. Seulement on ne choisit pas, et encore moins l’histoire d’amour de ses parents. Les miens se sont séparés. Ils se sont aimés beaucoup, mais pas longtemps. C’était une histoire d’amour courte, et je suis née dedans. Mais je me demande quand même : c’est quoi, l’amour court? C’est peut-être un amour qui court plus vite que les gens, et qui les laisse un jour par terre, à ne plus savoir rien faire d’autre que se disputer. Et après les gens oublient qu’ils se sont aimés. »
(publié le trente-et-un décembre 2012)
Je célèbrerai ce soir Noël parce que ma Mini Fée a contaminé et mis knock-out toute ma famille la journée du réveillon. C’était tristounet, j’ai pris des photos de mes parents qui mangeaient des biscuits Ritz, j’ai regardé Mini Fée regarder les décorations dans l’arbre de Noël avec un regard avide, mais toute sage, elle n’a rien brisé, j’ai bu de l’eau et pas de champagne, bref, ce soir, ce sera plus plaisant. J’ai hâte de voir mes petits frères, de porter ma robe Isabel Marant et de trinquer à 2103, vivement cette année qui sera bonne et pétillante comme du champagne rosé pour vous tous!
Bisous au miel aux fleurs sauvages!