Une goutte de vin blanc avant le résultat

(publié le dix octobre 2012)

J’ai senti mon corps changer avant de savoir que j’étais enceinte. La première fois, ça nous avait pris trois ans, quelques tests de grossesse, des craintes, des rêves de trouver autre chose qu’un désir d’enfant en moi, un passage à vide, des bouteilles de chardonnay, de la vodka dans des Fresca avant de sortir deux-trois soirs, des chauffeurs de taxi qui me prenaient pour une danseuse, une quasi rupture, un déménagement, des pièces pleines de boites pas ouvertes encore, et toi. Toi qui m’a aimée jusqu’à ce que mon ventre se gonfle et ne redevienne plus jamais comme avant, mon ventre, à notre rencontre, plat et les muscles contractés, quand je jouissais, grâce à des centaines d’abdos quotidien, mon ventre qui commence à se gonfler, encore, et ce n’est pas parce que je mange trop de bagels aux graines de pavot.

J’ai bu un verre de vin blanc qui goûte légèrement le pamplemousse avant de passer un test, au cas où ce serait un dernier verre de vin avant longtemps, avant la permission spéciale que je me donne à mon anniversaire. J’ai passé un deuxième test parce que je suis nulle pour faire pipi sur un bâtonnet pendant un nombre exacte et scientifique de secondes.

J’ai su, soudainement, presque avec surprise, que je serais déçue si je n’étais pas enceinte quand je me suis mise à pleurer, en attendant le résultat.

Ça ne nous a pas pris trois ans, cette fois, et avec Mini Fée, nous accueillerons une Mini Sirène ou un Mini Pirate d’ici la fin avril. J’ai hâte. Même si je dois abandonner l’idée de me promener avec des bottes d’hiver à talons hauts.

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Feuilles mortes et toboggan

(publié le vingt-sept septembre 2012)

toboggan et feuilles mortes

Après avoir placoté avec une madame qui avait retrouvé les souliers de Mini Fée, commander un grande skinny vanilla latte au Starbucks, rigolé avec mon épicier qui faisait semblant de s’enfuir avec la poussette au Starbucks, je suis arrivée au parc avec l’envie d’avaler mon latte tout chaud et de parler juste pour féliciter Mini Fée quand elle trouve de belles feuilles mortes et qu’elle les fait tourner entre ses doigts au lieu d’essayer de les bouffer.

Je ne suis pas toujours sociable et je dois avoir l’air un peu chiante au parc en robe et collants noirs, mes grosses lunettes soleil comme serre-tête, mon téléphone qui sort d’une des poches de mon cardigan. Mais il y avait une petite fille et son papa. Mini Fée est toujours impressionnée par les plus grandes qui sont capable de courir et de glisser dans le toboggan sans aide. Finalement, le papa et moi avons conversé un peu de la dentition et des siestes de nos enfants, du temps qu’il faut pour écrire ou dessiner. Nous nous sommes trouvés des amis Facebook en commun et des expériences de publication plus ou moins heureuse.

Je l’ai googlé en fin d’après-midi et j’ai été ravie de découvrir son blogue. Faut le lire en commençant par les archives de 2008, pour savoir ce qui l’anime outre les seins d’une barista, le bonheur d’entendre sa première petite chérie dire caca, sa femme, sa deuxième petite chérie et son chat sociopathe.

Bonne lecture y’all !

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Des aprem à placoter gaiement

(publié le vingt-cinq septembre 2012)

Aujourd’hui j’ai pris un grande skinny vanilla latte avec la chick aux cheveux les plus frisés du monde. Elle a préféré prendre un latte à la citrouille, ce qu’elle se permet une fois par année.

Je venais de faire une longue sieste avec Mini Fée. J’ai lavé mes cheveux dans le lavabo – pour éviter que Mini Fée ne fasse une crise, elle déteste que je prenne une douche, elle en devient quasi hystérique, – je me suis légèrement maquillée, j’ai donné un shooter de lait à Mini Fée – c’est comme ça que j’appelle un allaitement hyper rapide – et j’ai filé au Starbucks. J’ai passé une heure à placoter gaiement d’écriture, de fuck me boots, de positions d’accouchement. Je veux des débuts d’aprem comme ça toute la semaine.

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Merci Mini Fée

(publié le vingt septembre 2012)

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Il y a un mois, pendant une sieste de Mini Fée, je regardais les milliers de photos que j’ai prises d’elle, pour en décorer le chalet, à son anniversaire. Des photos d’elle couchée sur un de mes foulards marins, des photos d’elle qui pose dans le lave-vaisselle – c’est son endroit de prédilection -, des photos d’elle déguisée en petite fraise, des photos d’elle qui rigole avec une peluche éléphant dans les bras ou du papier de toilette déroulé sur le plancher.

Je sais que je ne suis pas la seule maman qui regarde des photos de son enfant quand il dort.

J’en ai choisies une trentaine, que j’ai installées sur une corde à fanions jaunes et roses, après avoir gonflé des ballons, cuisiné des cupcakes avec des paillettes de chocolat, et m’être promenée partout au chalet avec une tasse de café tiède dans les mains, attendant le retour du marché de mon chéri et de Mini Fée et l’arrivée des quelques invités. J’ai enfilé une robe de la même couleur que les Skittles que j’avais versés dans des bols à banana split.

Quand j’ai pris ma petite fille dans mes bras, elle avait la tête qui dodelinait, mollement, contre mon épaule. Elle n’était pas tout à fait réveillée. J’ai laissé Alexandre Le Grand ranger les tomates, les croustilles au sel de mer, le café filtre, le rosé et les litres d’eau. J’ai regretté de ne pas avoir fait la sieste avec elle. Je savais que mes parents observeraient mes cernes. J’avais oublié mon cache-cernes préféré à l’appartement. Ils verraient aussi que ma robe est plus serrée qu’au mois de juillet quand je l’avais mise pour sortir avec Alexandre Le Grand et qu’ils gardaient Mini Fée, ils s’inquiéteraient, même s’ils savent que Mini Fée est adorable et que je suis heureuse malgré toutes mes tenues tachées de morceaux d’avocats.

Mini Fée portait une jolie robe en denim, mais après avoir mangé un cupcake pour la première fois, j’ai dû la changer. Je n’ai pas touché au glaçage au chocolat qui imprégnait ses sourcils de rouquine.

Je ne m’attendais pas à avoir une fille. Je m’étais persuadée que j’avais un garçon, dans mon ventre, j’espérais peut-être que ce serait plus facile, comme ça, avec mes belles-filles, qu’elles ne seraient pas jalouse d’un petit prince, mais qu’elles le seraient sans doute d’une princesse. J’étais sous le choc, quand une infirmière m’a dit que j’avais une fille en moi. Je ne voulais pas pleurer, je n’étais pas triste et je ne voulais pas avoir l’air triste, mais je retenais mes larmes, je serrais fort la main d’Alexandre Le Grand, puis je ne la serrais plus, j’étais toute seule avec toi, dans ce moment-là, ce moment où je ne savais pas quoi penser.

J’avais peur de ne pas être une bonne maman parce que je ne saurais pas comment être un modèle pour toi. Avec un garçon, j’aurais su me rouler dans le sable, jouer au chevalier et au super-héros, me battre avec des oreillers ou des branches d’arbres, me fâcher, rigoler, avoir les cheveux sales et manger des jujubes en forme de serpents venimeux au goûter. Je savais que je pouvais faire tout ça avec toi, aussi, mais en plus de faire tout ça, de manger des jujubes et de collectionner les branches d’arbres pour jouer, je me devais d’accepter d’être un modèle de fille pour ma fille. Même si parfois, je trouve ça dur et injuste, être une fille.

Je t’aime. Ton premier anniversaire s’est déroulé comme dans un conte, avec une heure de dodo très avancée, des spaghettis dans tous les recoins du chalet, une poupée à bercer, une pouliche à monter, des câlins, et je n’ai même pas pleuré, il me semble.

Ce n’est pas moi qui te montre tout ce qui est possible d’être, d’exaucer et de faire, quand on naît fille, c’est toi, qui me le montre, tous les jours, dès que tu me demandes auprès de toi, et que nous passons les premières minutes de chaque journée collée-collée, dans mes draps, ma main sur ton ventre tout chaud, ta main à toi qui cherche soit mon nez, soit la montre de ton papa.

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J’ai besoin d’une potion magique au latte à la vanille

(publié le vingt-et-un août 2012)

Je suis fatiguée, je n’aime pas écrire ça, parce que tout le monde peut le dire, tout le monde se sent fatigué ou stressé ou surchargé ou whatever. Je suis fatiguée juste parce que je viens de faire ma teinture et que ça me pique le fond du crâne et que ma chérie a été malade la semaine dernière – roséole – et qu’elle n’a pas tout à fait repris son rythme, je me blottie contre elle à cinq heures du matin, j’adore être au chaud, si près d’elle, son sourire quand elle se sépare de mon sein, pour s’avancer vers moi et se laisser tomber sur mon oreiller, enfin, bref, je passe de beaux moments, et je devrais me coucher plus tôt, mais j’aime trinquer avec mon chéri passé minuit, enfin, bref, c’est total ma faute si je suis fatiguée et je voudrais vraiment être une sorcière, comme je croyais l’être quand j’avais huit ou neuf ans, je m’inventerais une potion magique plus efficace encore qu’un Venti Skinny Vanilla Latte.

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Taches de rousseur et coucher de soleil

(publié le 9 août 2012)

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C’est ma copine obsédée par les Kardashian, celle qui demande à Delphine un rouge à lèvres de la même teinte que son vernis cerise, avant d’arriver au chalet, des bonbons bought in USA et un appareil-photo avec elle.

C’est ma copine qui est d’accord pour dire que je glow depuis que je suis maman, ma copine qui bouffe vegan, qui fait pousser du kale et qui aime partir en canot longtemps longtemps. C’est elle, dont la belle-sœur s’est récemment mariée en Alberta, donnant par la suite à tous les garçons d’honneur une carabine.

C’est elle qui mourrait si on la disait belle et serviable, parce qu’elle est belle mais d’une façon coquine, je la verrais se faire aller le popotin pendant les Années Folles, et qu’elle est serviable quand elle le veut bien, et surtout elle espère être plus, elle se fouette bien quand elle n’est pas aimée, tant que ceux qu’elle aime lui sont loyaux, fidèles et qu’ils souhaitent lancer des couteaux dans le dos des méchants.

C’est elle qui m’a prise en photo, alors que j’allaitais, mes taches de rousseur exposées au coucher de soleil. Merci bella.

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Je reste là, ses doigts pinçant ma peau

(publié le premier août 2012)

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La semaine dernière j’ai écrit à ma boss pour l’informer que je ne reviendrais pas travailler fin août, début septembre. Je le savais depuis deux semaines, un mois, peut-être même depuis que Mini Fée est née, depuis qu’elle ne lâche pas mes tétons pour un biberon, depuis qu’elle adore aller au parc, embrasser d’autres enfants, rigoler avec eux, m’oublier un moment, mais pas longtemps, je la veux avec moi, je me veux avec elle, encore un an.

Je ne sais pas si c’est plus pour elle ou pour moi. Je ne sais pas si c’est pour m’épargner de trouver une garderie et m’épargner ses pleurs les matinées où je l’embrasserais avant de m’en aller à quelques kilomètres de ses rires. Je ne sais pas si c’est pour continuer à la regarder avec plaisir enfoncer ses doigts dans sa bouche, enfoncer des morceaux de framboises, la regarder tacher ses t-shirts avec sa salive, des biscuits vanillés et des fleurs écrasées. Je ne sais pas si c’est pour elle, pour qu’elle ait encore ma chaleur, mon parfum, mes cheveux à tirer, mes seins à vider quand elle le veut, nos matinées à sourire à tous le commerçants de la rue Masson, nos après-midis au parc ou à la bibliothèque et au bain, notre routine à nous, notre tisane à la menthe poivrée et notre Baby Einstein à nous quand ça ne va pas.

Je veux bien croire que c’est pour nous deux, que ce n’est pas juste pour moi que c’est important, cette année additionnelle, que ça lui plaira, qu’elle se fera des amis même à rester dans son porte-bébé encore quelques temps, collée contre moi, un petit chapeau turquoise ou rose sur la tête, tournée vers les autres, un bras tendu vers un passant, mais l’autre autour de moi, ses doigts pinçant ma peau, pour se prouver que je suis bien là, que je reste là, que je suis à elle, pour toujours.

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Un remède contre les nausées

(publié le douze juillet 2012)

Avant de tomber enceinte, j’ai lu plein de trucs sur les maux de cœur matinaux et j’étais prête à passer des longs mois à avaler des biscuits soda direct dans le lit avant de me lever. Finalement, je n’ai jamais eu mal au cœur, ma grossesse à été parfaitement parfaite (j’oublie le diabète et une maladie de peau bizarre et épeurante à la 39e semaine) et je serais prête à retomber enceinte demain.

J’ai lu dernièrement une théorie scientifique à propos de l’absence de maux de cœur. Il paraît que plus les femmes enceintes sont en contact avec du sperme, moins elles ont de maux de cœur. Pourquoi? Parce qu’en fait le corps réagirait au fœtus (ou genre je ne sais pas trop si je comprends, mais les hormones de mec contenues dans le spermato qui a fécondé l’ovule genre) comme si c’était une substance étrangère. Si le corps accueille régulièrement du sperme, il apprend à apprivoiser bien plus rapidement le fœtus (ou genre je ne sais pas trop si je comprends, mais les hormones de mec contenues dans le spermato blablabla).

Donc, la première activité matinale de toute femme enceinte ne devrait pas être de s’enfiler des biscuits soda, mais de prendre la queue de son mec au fond de sa gorge. Je ne sais pas trop ce que les couples de lesbiennes peuvent faire à la place. Demander à un ami des glaçons rempli de foutre et les plonger dans un verre de smoothie?

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Une petite bouche affamée

(publié le deux juillet 2012)

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Mini Fée n’aime pas les biberons et je ne suis pas très pressée de lui apprendre à bien boire au verre. Les jours de grande chaleur, elle boit un peu d’eau, mais elle bouffe surtout plein de morceaux de melon d’eau gorgés de liquide, et mon lait.

Parfois, quand elle est dans les bras de son papa, elle cherche à téter, elle cherche sous sa chemise l’odeur du lait qu’elle ne trouve pas, elle s’énerve, elle tire sur les boutons de sa chemise, fait des ronds de salive sur le tissu, puis se retourne vers moi. Alexandre Le Grand dit toujours que ça lui ferait plaisir de lui donner du lait, mais que c’est évidemment impossible.

Je croyais aussi que c’était impossible, avant de lire un article d’Agnès Giard sur des hommes qui allaitent. C’est incroyable. J’avoue que j’aurais de la difficulté à partager ma Mini Fée, à tendre sa bouche affamée vers son papa, alors que j’aime tant son regard quand elle est à mon sein, et caresser ses cheveux, et rigoler de ses pieds qui donnent des coups, de ses mains qui attrapent un jouet, mais je trouve ça très beau, lire sur l’allaitement des hommes, particulièrement le cas déchirant du Sri Lankais B. Wijeratne.

« Le plus célèbre, rapporté par l’Agence France Presse, est celui du Sri Lankais B. Wijeratne. En 2002, il perd sa femme qui meurt en couche, laissant au monde une petite fille de 18 mois et un nouveau-né orphelin. Les deux enfants refusent de boire du lait de vache. «Elles le rejetaient chaque fois que je les nourrissais au biberon, raconte Wijeratne. Alors, incapable de supporter leurs cris, je leur ai offert ma poitrine et je me suis aperçu que je pouvais les nourrir.» »

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La meilleure nanny ever

(publié le vingt-six juin 2012)

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J’adore les chiens. Et les bébés. Les pit bulls sont adorables et ils ont déjà joué le rôle de nanny pour tous les petits aristocrates anglais. Il ne faut pas croire qu’ils sont plus dangereux que des labradors.

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